Quels sont, selon vous, les défis actuels auxquels doit
faire face la médecine nucléaire ?
« La médecine nucléaire a profondément évolué en l’espace de dix ans. Ce qui était avant tout une discipline d’imagerie fonctionnelle est devenue une médecine de précision à part entière, notamment grâce à l’essor de la théranostique — cette approche qui permet, avec le même traceur, d’imager puis de traiter un cancer.
Le problème, c’est que le nombre de médecins nucléaires, lui, ne suit pas : nous sommes moins de 1 000 en France. Pendant ce temps, les ouvertures de centres spécialisés se multiplient, le nombre d’examens TEP continue de croître et les médecins se retrouvent davantage accaparés par l’activité thérapeutique, qui nécessite leur présence physique.
Résultat : les délais s’allongent, les patients semi-urgents attendent plus longtemps que nécessaire. Sans oublier les inégalités territoriales : des patients font parfois plusieurs centaines de kilomètres pour accéder à une expertise spécialisée. La télé-interprétation est alors l’une des réponses concrètes à ces enjeux. »
Dans le cadre de votre activité, pourquoi avoir rejoint
IMADIS MN ?
« J’avais déjà entendu parler d’IMADIS Groupe par des collègues radiologues. Le modèle des centres d’interprétation, cet esprit de collectif, m’avait semblé intéressant. Quand l’opportunité de rejoindre IMADIS MN s’est présentée, j’y ai vu plusieurs atouts.
D’abord, la complémentarité avec mon activité au Centre Léon Bérard : mon expertise spécifique en gynécologie oncologique et en radio-embolisation hépatique, développée dans un centre de référence, peut directement bénéficier à des services qui n’ont pas accès à ce type de profil.
Deuxièmement, le modèle en centre d’interprétation : exercer depuis un espace dédié, avec un support technique disponible et des collègues joignables en temps réel, c’est une vraie garantie de qualité. On n’est jamais seul face à un cas complexe.
Troisièmement, le challenge de construire quelque chose : IMADIS MN en était à ses débuts, contribuer à structurer une nouvelle branche, apporter ma pierre à l’édifice, travailler avec des médecins aux profils variés – du libéral, du public, de centres de lutte contre le cancer – pour couvrir l’ensemble du spectre des besoins, c’est stimulant. Aujourd’hui, je suis Médecin Référente Suivi et Pertinence, ce qui me permet, au-delà des vacations d’interprétation, d’accompagner nos établissements partenaires dans la durée. »
Pouvez-vous partager des exemples concrets de cas
où la télé-imagerie a fait une différence significative ?
« La télé-interprétation fait une différence concrète pour deux types de patients. D’abord, les patients semi-urgents : ceux dont le cas est préoccupant sans pour autant justifier une prise en charge immédiate, et qui se retrouvent souvent reprogrammés dans des délais trop longs. En ouvrant des vacations grâce à la télé-interprétation, nous les voyons plus tôt, et c’est parfois décisif.
Ensuite, certains examens de recours (ou moins courants en routine clinique) peuvent être interprétés par des médecins de centres d’expertise nationale. Ces médecins, qui en ont régulièrement l’expérience et qui participent à des groupes de travail, apportent parfois une clef de lecture différente et des informations capitales pour les patients. C’est une vraie valeur ajoutée du modèle IMADIS MN. »